A la moitié du chemin
Nous nous sommes habitués
a nous montrer indifférents ou peut-être même ignorants au sujet des enfants
a handicap et/ou
abandonnés. Ceci puisque pendant le communisme l'Etat trouvait des solutions pour les problèmes de la communauté sans la participation de celle-ci, la seule mesure de " protection " consistant dans
l'institutionnalisation et l'isolation implicite. Les progrès ont débuté après 1990, notamment par l'intervention de la société civile, des organisations non gouvernementales et par l'augmentation de
l'intérêt manifesté par les Conseils Généraux. Après 1997 on a créé les services publics spécialisés au niveau des Conseils Généraux investis comme autorités de l'administration publique capables de soutenir d'autres
activités a part l'institutionnalisation. La réforme dans ce domaine s'est étendue dans tout le pays. Il existe aujourd'hui un discours politique vif en faveur des enfants se trouvant en difficulté, du progrès
dans la diversification des activités déroulées par les autorités publiques en faveur des enfants. Par conséquent, la protection de l'enfant est passée du niveau des interventions de type ONG au niveau de la politique
d'Etat. Les difficultés sont malheureusement loin d'être résolues : des dizaines d'enfants sont toujours privés d'une famille, d'une vie normale, de la participation
a la vie de la communauté.
Premièrement, tous ces problèmes sont déterminés par la résistance au changement manifestée par les institutions au sujet du bien-être des enfants. En fait, la tradition communiste d'institutionnalisation et d'isolation
a développé des racines profondes et extrêmement fortes. C'est difficile d'accepter l'idée que les institutions d'Etat déroulent depuis 30 ans une activité qui n'a pas de sens et même nocive pour les enfants.
Deuxièmement, il faut tenir compte des intérêts personnels ou de groupe des responsables, ainsi que des disputes se créant entre certaines personnes en tant que leaders des autorités : chacun veut plus, veut
montrer aux autres qu'il dirige une institution plus grande, plus importante. Et le nombre d'enfants et de personnel confère le "POUVOIR". Il y a aussi les pressions politiques de ce type : "Si on fait la
restructuration (en faveur des enfants), qu'est-ce qu'on fait avec le personnel ?" Et voila comment, pour favoriser le personnel, les enfants restent toujours sur place. Troisièmement, il y a le manque de
compétence et de ressources humaines : toutes les activités que ces services récents devraient soutenir n'ont aucune tradition au niveau de l'administration. Hélas, l'institutionnalisation c'est la seule ayant une
tradition… Personne ne comprend pourquoi il est tellement nécessaire d'apprendre. Ensuite,
a la fin, selon notre avis, c'est l'argent. Ou plutôt leur absence
Mettant en balance les mesures prises en
faveur des enfants, d'une part, et les difficultés attendant des solutions, d'autre part, on constante qu'on se trouve
a la moitié du chemin. Il est vrai qu'on a fait des progrès incontestables, parfois formidables,
au-dessus des attentes, mais il est également vrai que la route reste longue. Et il faut se dépêcher, car chaque année où on ne fait rien pour changer la tradition vaut perdre une génération d'enfants. Eux, ils
attendent dans les institutions. Ils ne peuvent pas se faire entendus, ne peuvent pas nous faire signe. C'est nous qui devons aller vers eux ! L'essor découle des réussites antérieures : les enfants "sortis"
de Vanjulet, de Stefanesti, d' Ungureni, d'Harlau, d' Horia ont fait des progrès inespérés dans 6 – 12 mois uniquement, les enfants confiés aux familles d'accueil professionnelles sont considérés comme intégrés du point
de vue social et ils vont bien. Et les exemples peuvent continuer. Il reste
a souhaiter une seule chose : que les actants du domaine "social" (la protection des personnes
a handicap, l'intégration sociale des
adultes, la protection et la prise en charge des vieux) s'inspirent de notre essor.
La protection de l'enfant a ouvert une voie nouvelle : celle des services communautaires soutenus par les
autorités publiques locales ou départementales. C'est cette voie que les autres doivent suivre eux-aussi. |